Le transfert des savoirs

Le transfert des savoirs est un processus qui se déroule selon différents scénarios. Il peut s’agir d’une interaction entre deux personnes, d’un transfert entre une personne et un groupe de personnes ou encore d’une activité qui se déroule entre deux groupes de personnes. Le transfert de savoirs peut se produire par hasard : par exemple, dans le cadre d’un groupe de discussion, une personne fournit des explications sur la façon d’exploiter au mieux les fonctionnalités d’un programme informatique. Le transfert peut être intentionnel, avec une volonté claire de transférer des savoirs vers un ou plusieurs destinataires qui doivent pouvoir les mettre en œuvre. C’est dire qu’en pratique tout transfert de savoirs ne fonctionne que si le destinataire intègre le message et peut l’appliquer.

Quelle est la différence entre le transfert des savoirs et le partage des savoirs ? Elle se situe essentiellement dans la relation contractuelle (formalisée ou non) entre les personnes qui détiennent les savoirs et les personnes destinataires.

Le partage des savoirs est un processus d’échange entre des personnes qui peuvent ne pas se connaître. Se trouvent d’un côté ceux qui fournissent les savoirs et de l’autre ceux qui les reçoivent. Le partage des savoirs est généralement bilatéral : les personnes qui participent à l’échange attendent une certaine reconnaissance et un retour de la part des récepteurs. De façon extrêmement simplifiée, le raisonnement sous-jacent des personnes qui partagent leurs savoirs dans un système de gestion des connaissances est : ‘je donne une partie de mes savoirs et j’attends de recevoir, en contrepartie, une partie de vos savoirs et/ou que vous me manifestiez votre gratitude.’ C’est cette reconnaissance qui sera par ailleurs l’une des clés de la réussite d’un processus de partage.

Le transfert des savoirs est une interaction unilatérale, qui ne suppose et n’attend pas de réciprocité – très souvent d’ailleurs, cette réciprocité est impossible sauf si elle s’applique à un autre champ cognitif que le champ cognitif qui est l’objet du transfert. Le transfert de savoirs est similaire à une transaction financière où acheteur et vendeur passent un contrat qui doit être ‘lu et approuvé’ pour que le transfert de savoirs se passe bien et que chacun y trouve son compte. Ce contrat peut parfois être formalisé et prévoir quels savoirs seront transmis et quels seront les bénéfices pour chacune des deux parties.

S’il arrive que le transfert de savoirs se manifeste sans recherche active et parfois même sans réelle prise de conscience des acteurs, c’est cependant le transfert de savoirs comme processus délibéré et avec une visée claire que nous étudions dans le cadre de cet ouvrage. Dans cette perspective, le transfert est volontairement mis en œuvre afin d’assurer une certaine transversalité et redondance des savoirs dans l’organisation de façon à ce qu’elle évite la perte de savoirs importants.

Consulter à propos de la problématique du transfert des savoirs : Françoise Rossion, Transfert des savoirs. Stratégies, moyens d’action, solutions adaptées à votre organisation, Lavoisier, Paris, 2008 [notice bibliographique proposée sur le site de Lavoisier] et le site internet correspondant : Transfert des savoirs

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